Sécheresse oculaire : causes et facteurs de risque [Guide complet 2026]
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Vous vous demandez pourquoi vous souffrez de sécheresse oculaire ? Avez-vous remarqué que vos symptômes s'aggravent dans certaines situations sans en connaître la raison ? Comprendre les causes de la sécheresse oculaire est la première étape pour trouver le traitement le plus efficace. La sécheresse oculaire n'apparaît pas soudainement. Des facteurs spécifiques influencent la production et la qualité de vos larmes. Selon des études récentes, plus de 80 % des cas sont liés à un dysfonctionnement des glandes de Meibomius, mais de nombreuses autres causes peuvent vous affecter sans que vous le sachiez. Si vous reconnaissez déjà les symptômes de la sécheresse oculaire, vous pouvez consulter notre guide complet ici. Ce guide vous permettra de découvrir les principales causes de la sécheresse oculaire, les facteurs de risque qui augmentent la probabilité d'en développer une, et comment prévenir ou améliorer cette affection. Pourquoi la sécheresse oculaire survient-elle ? Pour comprendre les causes de la sécheresse oculaire, il faut d'abord comprendre le fonctionnement du film lacrymal. Le film lacrymal est composé de trois couches : la couche lipidique (graisseuse), produite par les glandes de Meibomius des paupières. Elle empêche les larmes de s'évaporer trop rapidement. Couche aqueuse (eau) : Produite par les glandes lacrymales principales, c'est la couche la plus épaisse. Elle assure l'hydratation et la nutrition de l'œil. Couche muqueuse : Produite par les cellules de la conjonctive, elle contribue à la répartition uniforme du film lacrymal sur la surface de l'œil. L'altération de l'une de ces trois couches entraîne une sécheresse oculaire. Les deux principales catégories de sécheresse oculaire : 1. Sécheresse oculaire par évaporation (86 % des cas) : Les larmes s'évaporent trop rapidement car la couche lipidique est insuffisante ou de mauvaise qualité. Cause principale : Dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM). Explication : Les glandes de Meibomius s'obstruent par des sécrétions épaisses, les empêchant de produire le lipide nécessaire à la protection du film lacrymal. Ce dernier s'évapore alors en quelques secondes au lieu de quelques minutes. Il s'agit de la forme la plus courante de sécheresse oculaire, et elle répond particulièrement bien aux traitements comme la thermothérapie (Nichols et al., 2011). 2. Sécheresse oculaire par déficit aqueux (moins de 20 % des cas) Définition : Les glandes lacrymales ne produisent pas suffisamment de larmes aqueuses. Principales causes : Syndrome de Sjögren (maladie auto-immune), âge avancé (diminution naturelle de la production de larmes), lésions des glandes lacrymales dues à une radiothérapie ou à une intervention chirurgicale. Important : De nombreux patients présentent une combinaison des deux types, appelée sécheresse oculaire mixte (Lemp et al., 2012). Principales causes de sécheresse oculaire : 1. Dysfonctionnement des glandes de Meibomius (cause n° 1) Définition : Les glandes de Meibomius sont des glandes sébacées situées au bord des paupières. Chaque paupière compte entre 25 et 40 glandes. Causes de l’obstruction : Les sécrétions deviennent épaisses comme du beurre froid, alors qu’elles devraient être liquides comme de l’huile. Inflammation chronique des paupières (blépharite). Colonisation bactérienne du bord des paupières. Facteurs aggravants du DGM : Utilisation prolongée des écrans (diminution du clignement des yeux, les glandes ne se contractent pas correctement). Maquillage obstruant les glandes. Âge (la qualité du meibum diminue avec l'âge). Changements hormonaux (ménopause, baisse du taux d'androgènes). Prévalence : Présente chez 86 % des patients souffrant de sécheresse oculaire (Craig et al., 2017).
2. Utilisation excessive des écrans. Le problème : Lorsque vous regardez un écran (ordinateur, téléphone portable, tablette), votre fréquence de clignement des yeux diminue considérablement. Données scientifiques : Normalement, vous clignez des yeux entre 15 et 20 fois par minute. Devant les écrans, ce nombre chute à seulement 5 à 7 fois par minute (Tsubota & Nakamori, 1993). Conséquences : Moins de clignements = renouvellement insuffisant du film lacrymal. Moins de clignements = les glandes de Meibomius ne sont pas correctement activées. L’évaporation des larmes est accrue car vous gardez les yeux ouverts plus longtemps. Population la plus touchée : Employés de bureau, programmeurs, graphistes, joueurs, étudiants. 3. L’âge. Constat : Le risque de sécheresse oculaire augmente significativement avec l’âge. Explications : Après 50 ans : Les glandes lacrymales produisent moins de larmes. Après 40 ans : Les glandes de Meibomius produisent des sécrétions de moindre qualité. À la ménopause (chez les femmes) : Les changements hormonaux affectent directement la production de larmes. Faits : Les personnes de plus de 50 ans ont trois fois plus de risques de développer une sécheresse oculaire. Chez les personnes de plus de 65 ans, la prévalence dépasse 30 % (Schaumberg et al., 2003). 4. Modifications hormonales. Hormones et larmes : Les hormones sexuelles (œstrogènes, androgènes) régulent la production et la qualité des larmes. Facteurs de risque : Ménopause : La diminution des œstrogènes affecte les glandes lacrymales. Risque accru de sécheresse oculaire sévère. Jusqu’à 61 % des femmes ménopausées rapportent des symptômes (Sullivan et al., 2014). Traitement hormonal substitutif (THS) : Paradoxalement, il peut aggraver la sécheresse oculaire chez certaines femmes, en particulier les traitements à base d’œstrogènes seuls. Contraceptifs oraux : Certains types peuvent réduire la production de larmes. Cela varie selon la formulation hormonale. Grossesse : Modifications temporaires qui se normalisent généralement après l’accouchement. Faible taux d’androgènes (hommes et femmes) : Les androgènes sont essentiels au fonctionnement des glandes de Meibomius. Un faible taux augmente le risque de dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM). 5. Médicaments : Certains médicaments réduisent la production de larmes comme effet secondaire. Médicaments qui provoquent le plus souvent une sécheresse oculaire : Antihistaminiques : Utilisés pour les allergies. Ils assèchent toutes les muqueuses, y compris les larmes. Exemples : loratadine, cétirizine. Antidépresseurs : En particulier les tricycliques et les ISRS. Ils réduisent la production de larmes. Exemples : amitriptyline, fluoxétine, sertraline. Anxiolytiques (benzodiazépines) : Exemples : diazépam, alprazolam. Antihypertenseurs : En particulier les bêta-bloquants. Exemples : aténolol, métoprolol. Isotrétinoïne (contre l’acné) : Un des médicaments les plus asséchants. Elle agit directement sur les glandes de Meibomius. La sécheresse oculaire peut persister même après l’arrêt du traitement. Diurétiques : Ils réduisent les fluides corporels, y compris les larmes. Anticholinergiques : Utilisés pour les troubles digestifs et l’hyperactivité vésicale. Très asséchants. Important : N’arrêtez PAS votre traitement sans consulter votre médecin. Si vous pensez qu’un médicament est à l’origine de votre sécheresse oculaire, parlez-en à votre médecin afin d’envisager d’autres options. 6. Maladies auto-immunes : Syndrome de Sjögren : Cause auto-immune la plus fréquente de sécheresse oculaire. Le système immunitaire attaque les glandes lacrymales et salivaires. Symptômes : Sécheresse oculaire et buccale sévère. Plus fréquent chez les femmes (90 % des cas). Diagnostic : Analyse sanguine (anticorps anti-Ro, anti-La) et biopsie des glandes salivaires. Autres maladies auto-immunes associées : Polyarthrite rhumatoïde : Jusqu’à 30 % des patients développent une sécheresse oculaire. Lupus érythémateux systémique : Inflammation oculaire fréquente. Sclérodermie : Atteint les glandes lacrymales. Maladies thyroïdiennes (maladie de Basedow, thyroïdite) : Peuvent provoquer une sécheresse oculaire. 7. Facteurs environnementaux : Air sec : Environnements à faible humidité (moins de 30 %). Chauffage et climatisation. Climats désertiques ou montagneux. Vent : Augmente l’évaporation des larmes. Particulièrement problématique pour les motocyclistes et les cyclistes. Fumée : Fumée de cigarette (fumeurs actifs et passifs). Fumée de cheminées et de poêles. Pollution : Les particules polluantes irritent la surface oculaire. Les villes fortement polluées présentent une prévalence plus élevée de sécheresse oculaire. Altitude : Plus l'altitude est élevée, plus l'humidité est faible. Les voyageurs aériens fréquents (cabines très sèches) sont concernés. 8. Port de lentilles de contact. Pourquoi les lentilles provoquent-elles une sécheresse oculaire ? Elles absorbent le film lacrymal. Elles réduisent l'oxygénation de la cornée. Elles augmentent l'évaporation des larmes. Elles accumulent des dépôts protéiques qui irritent l'œil. Faits : Jusqu'à 50 % des porteurs de lentilles signalent une gêne due à la sécheresse oculaire. C'est la principale cause d'arrêt du port de lentilles. Facteurs de risque : Port prolongé (plus de 10 heures par jour). Lentilles à faible perméabilité à l'oxygène. Mauvais entretien (réutilisation des solutions, non-changement de l'étui). Dormir avec ses lentilles. 9. Chirurgies oculaires. LASIK et chirurgie réfractive : La sécheresse oculaire est l'effet secondaire le plus fréquent après une intervention LASIK. Cause : Les nerfs cornéens sont sectionnés pendant l'intervention. Leur régénération prend 6 à 12 mois. Dans certains cas, la sécheresse oculaire peut être due à une chirurgie permanente de la cataracte : elle peut provoquer une sécheresse oculaire temporaire, qui s’améliore généralement en 3 à 6 mois. La blépharoplastie (chirurgie des paupières) peut affecter la fonction des paupières et présente un risque de lagophtalmie (paupières qui ne se ferment pas complètement). 10. Blépharite et problèmes de paupières. Blépharite : inflammation chronique du bord des paupières. Causes : bactéries (staphylocoque), acariens Demodex, dermatite séborrhéique. Symptômes : croûtes sur les cils, rougeurs, sensation de brûlure. Lien : la blépharite aggrave le fonctionnement des glandes de Meibomius. Problèmes de position des paupières : ectropion : la paupière inférieure se retourne vers l’extérieur ; entropion : la paupière se retourne vers l’intérieur ; lagophtalmie : les paupières ne se ferment pas complètement. Conséquences : les larmes s’évaporent plus rapidement et sont mal réparties. 11. Maladies de la surface oculaire Rosacée oculaire : Extension oculaire de la rosacée cutanée Inflammation chronique des paupières et de la surface oculaire Fortement associée au dysfonctionnement des glandes de Meibomius Kératite d’exposition : Inflammation de la cornée due à une exposition prolongée à l’air Fréquente chez les personnes atteintes d’exophtalmie (yeux proéminents) ou de paupières qui ne se ferment pas correctement Carence en vitamine A : Rare dans les pays développés Provoque une sécheresse oculaire sévère et des problèmes de vision nocturne Facteurs de risque : Qui est le plus susceptible ? Vous êtes PLUS susceptible de développer une sécheresse oculaire si vous : ✅ Êtes une femme (surtout après la ménopause) ✅ Avez plus de 50 ans ✅ Utilisez des écrans plus de 6 heures par jour ✅ Portez des lentilles de contact ✅ Vivez dans un climat sec ou très pollué ✅ Prenez des antihistaminiques ou des antidépresseurs ✅ Souffrez d’une maladie auto-immune ✅ Avez subi une chirurgie LASIK ✅ Souffrez de blépharite ou de rosacée ✅ Fumez ou êtes exposé(e) à la fumée. Plus vous cumulez de facteurs de risque, plus votre risque est élevé.
Prévention : Peut-on prévenir la sécheresse oculaire ? Bien que vous ne puissiez pas contrôler des facteurs comme l'âge ou la génétique, vous pouvez réduire considérablement les risques en adoptant ces habitudes : 1. La règle du 20-20-20 pour les écrans : Toutes les 20 minutes, regardez un objet situé à 6 mètres (20 pieds) pendant 20 secondes. Cela vous oblige à cligner des yeux plus souvent et réduit la fatigue oculaire. 2. Clignement conscient : Faites des pauses toutes les heures pour cligner des yeux 10 fois de suite. Cela répartit les larmes et stimule les glandes de Meibomius. 3. Humidificateur : Maintenez un taux d'humidité entre 40 et 60 %, surtout si vous utilisez la climatisation ou le chauffage. 4. Protection des yeux : Portez des lunettes de soleil enveloppantes à l'extérieur. Pensez aux lunettes pour ordinateur avec filtre anti-lumière bleue. Évitez les courants d'air directs sur votre visage. 5. Hygiène quotidienne des paupières : Nettoyez le bord de vos paupières 1 à 2 fois par jour avec des lingettes spéciales ou du shampoing pour bébé dilué. Cela prévient l'obstruction des glandes de Meibomius. 6. Oméga-3 : Les suppléments d’oméga-3 (1 000 à 2 000 mg par jour d’EPA et de DHA combinés) peuvent améliorer la qualité des sécrétions des glandes de Meibomius. Les bienfaits se font sentir progressivement sur une période de 2 à 3 mois. 7. Hydratation : Buvez 2 à 2,5 litres d’eau par jour. Une bonne hydratation corporelle influence la production de larmes. 8. Évitez de fumer : La fumée du tabac est l’un des irritants les plus puissants pour la surface oculaire. 9. Revoyez vos médicaments : Si vous prenez des médicaments qui provoquent une sécheresse oculaire, demandez à votre médecin s’il existe des alternatives moins asséchantes. 10. Thermothérapie préventive : Si vous présentez des facteurs de risque, appliquer de la chaleur sur vos paupières 2 à 3 fois par semaine peut prévenir l’obstruction des glandes de Meibomius avant l’apparition des symptômes de sécheresse oculaire. IRIO ONE vous permet d’appliquer cette thermothérapie de manière régulière et efficace à domicile. Découvrez son mode d’action ici. Quand les causes nécessitent-elles un traitement médical ? Consultez un ophtalmologiste si : vous pensez souffrir d’une maladie auto-immune (symptômes de sécheresse généralisée : bouche, peau, yeux) ; votre sécheresse oculaire est apparue après une chirurgie oculaire ; vous souffrez de blépharite qui ne s’améliore pas malgré une bonne hygiène bucco-dentaire ; vos symptômes sont sévères et ne répondent pas aux larmes artificielles ; vous constatez des changements de votre vision. L’ophtalmologiste peut : diagnostiquer la cause précise de votre sécheresse oculaire ; réaliser des tests de la fonction lacrymale et des glandes de Meibomius ; exclure toute maladie sous-jacente ; prescrire des traitements spécifiques en fonction de votre cas. Questions fréquentes sur les causes de la sécheresse oculaire : Quelle est la cause la plus fréquente de la sécheresse oculaire ? Le dysfonctionnement des glandes de Meibomius (DGM) est la principale cause, présent dans 86 % des cas de sécheresse oculaire. Ces glandes produisent la couche lipidique des larmes qui empêche leur évaporation. L’utilisation d’écrans provoque-t-elle une sécheresse oculaire ? Oui. Une utilisation prolongée d’écrans réduit la fréquence de clignement des yeux de 15 à 20 fois par minute à seulement 5 à 7 fois par minute, ce qui augmente l’évaporation des larmes et altère la fonction des glandes de Meibomius. La sécheresse oculaire est-elle héréditaire ? Certains facteurs génétiques peuvent prédisposer à la sécheresse oculaire, mais le mode de vie (utilisation des écrans, environnement, médicaments) joue un rôle bien plus important que la génétique dans la plupart des cas. La pilule contraceptive peut-elle provoquer une sécheresse oculaire ? Oui, certaines pilules peuvent réduire la production de larmes en raison des modifications hormonales qu'elles induisent. Cependant, cet effet varie selon la formulation hormonale. Peut-on prévenir la sécheresse oculaire ? Oui, même en présence de facteurs de risque. Une bonne hygiène des paupières, le respect de la règle des 20-20-20 concernant les écrans, l'utilisation d'un humidificateur et, en cas de facteurs de risque, la thermothérapie préventive permettent de réduire considérablement le risque de développer une sécheresse oculaire symptomatique. Conclusion : la sécheresse oculaire est rarement sans cause. Dans la plupart des cas, une ou plusieurs causes identifiables sont à l'origine des symptômes. Les causes les plus fréquentes sont : le dysfonctionnement des glandes de Meibomius (86 % des cas), l'utilisation excessive des écrans, l'âge et les variations hormonales, les médicaments et les facteurs environnementaux. Identifier la cause de votre sécheresse oculaire est essentiel pour trouver le traitement le plus efficace. Si vous reconnaissez plusieurs de ces causes dans votre situation, n'attendez pas que les symptômes s'aggravent. Des mesures préventives et un traitement précoce peuvent empêcher la sécheresse oculaire de progresser vers des formes plus graves et invalidantes.
Avertissement : Ces informations sont fournies à titre éducatif et ne sauraient se substituer à un avis médical professionnel. Consultez toujours un ophtalmologiste pour le diagnostic et le traitement des affections oculaires. Références : Craig JP, et al. TFOS DEWS II Report Executive Summary. Ocul Surf. 2017;15(4):802-812. Nichols KK, et al. The international workshop on meibomian gland dysfunction. Invest Ophthalmol Vis Sci. 2011;52(4):1917-1929. Tsubota K, Nakamori K. Dry eyes and video display terminals. N Engl J Med. 1993;328(8):584. Schaumberg DA, et al. Prevalence of dry eye syndrome among US women. Am J Ophthalmol. 2003;136(2):318-326. Sullivan DA, et al. Hormones and the lacrimal gland. Endocr Rev 2014;35(5):779-831. Lemp MA, et al. Répartition de la sécheresse oculaire par déficit aqueux et par évaporation dans une cohorte de patients suivis en clinique. Cornea. 2012;31(5):472-478.
Écrit par le Dr A. Messadi